Argentique et numérique, photos et pollution

Last updated on 12 août 2019

L’argentique (, le numérique) et la planète.

En cours d’écriture…

Depuis que je fais de l argentique (c’est vieux, mais le retour assez récent), je me pose et on me pose des questions sur l’impact écologique de mes images sur la nature. C’est une question assez difficile à répondre, j’ai réalisé quelques recherches sur ce point à plusieurs reprises.

Étant amateur d’images argentiques que ce soit en couleurs ou en noir et blanc, je me devais, une fois, de me poser réellement la question. Est-ce que mon envie de renouer avec la création d’images via les sels d’argents engendre une pollution non négligeable et comment faire pour la réduire, voir l’éliminer (ce qui me semble peut probable).

Cette activité est-elle plus nuisible pour l’écologie que l’activité numérique ?

Faire des images à l’argentique demande bien sur un composant vital. Le film…

  • Le film argentique est polluant, ça ce n’est pas une nouvelle. Pour le Noir et blanc, par exemple, ses composants comme le « plastique » (triacetate de cellulose) pour le film et ses halogénures d’argents (sur base de Chlore [Cl] ou de Bromure [Br]. Le bromure d’argent [AgBr] étant fréquemment employé) constituent, probablement, ses principaux polluants.
  • Le film couleur est aussi polluant, ça non plus ce n’est pas une nouvelle :-).  Pour la couleur, c’est un peu le même principe que le noir et blanc, mais en trois couches… Il est composé aussi d’halogénures d’argents (de Bromure) et d’un colorant… dans trois couches de couleurs différentes…(Pour info, la couleur sensible au bleue se colorera en jaune, la couleur sensible au vert en magenta, la couleur sensible au rouge en Cyan… c’est pour cela que quand on regarde un négatif… c’est bizarre 🙂 )

La gélatine n’étant plus d’origine animale aujourd’hui, je ne sais pas si celle-ci pollue. (Mais celle-ci pourrait-être un adjuvant polluant supplémentaire.)

Le deuxième polluant étant bien sûr la chimie permettant le développent des films. (Par exemple pour le noir et blanc,  le révélateur (l’hydroquinone dans par exemple ID11 très connue, mais il y a d’autres composants pour le PH etc.) et fixateur (Le Thiosulfate de sodium qui est lui aussi assez connu)). Je ne me lancerais pas dans les produits chimiques permettant le développement de la couleur… il y en a trop… compliqué…)

Afin de diminuer mon empreinte sur l’environnement, j’ai donc décidé de prendre un tournant décisif en argentique.

  • Le noir et blanc, je le développe aujourd’hui via le moyen au Cafenol. (Recette au café, vitamine C (acide ascorbique) et carbonate de sodium anhydre). Pour le bain d’arrêt, j’utilise un simple rinçage avec de l’eau mélangée avec du vinaigre blanc. Malheureusement, le fixateur est encore chimique, mais je fais en sorte de l’apporter dans un endroit où il peut être recyclé dans les règles de l’art. Je ne le jette en aucun cas à l’égout !
  • Je m’efforce de suivre les avancées sur les fixateurs alternatifs faits par certains passionnés (eaux de mer par exemple, mais pas encore concluant)
  • Pour la couleur, les produits sont très polluants. Je me suis donc résigné à ne plus développer mes films C41 à la maison, mais à passer par un spécialiste utilisant des machines professionnelles utilisant un minium de produits et pouvant les filtrer et les utiliser le plus longtemps possibles. Il profite de plus, d’un réseau de recyclage très compétant. Cela enlève un peu la magie du processus, cela coûte effectivement un peu plus cher… Mais j’y ai mis un point d’honneur.
  • Je ne fais pas de tirages argentiques ou alors sauf sur demande très spéciale. Le scan permet de limiter l’utilisation de la chimie. Même, si encore une fois, la magie de l’argentique en est affectée.

Mais il ne faut tout de même pas oublier que l’appareil numérique n’est pas non plus anodin…

Les puces électroniques faisant de nos APN des appareils toujours de plus en plus puissants contiennent de l’Arsenic, du Phosphure, de Indium et d’autres substances loin d’être recyclables. Ses composants sont rares et leurs extractions compliquées mettent en danger la planète.

La course au meilleur appareil numérique induit aussi un renouvellement toujours plus rapide du matériel. Ce qui pose encore des problèmes de pollutions non négligeables… Depuis que je me suis mis à l’argentique, autour de moi, beaucoup, ont déjà changé leurs appareils de plusieurs générations…

Alors?

La photo numérique ou argentique pollue… c’est une évidence, difficile de dire laquelle pollue le plus…chacune ayant ses défauts. Mais nous pouvons la réduire en utilisant des procédés plus respectueux pour la planète et en réduisant le renouvellement rapide de nos appareils numériques.

  • Le stockage des images numériques et argentiques (après Scan) est un vrai problème, l’utilisation d’énormes quantités de stockage que ce soit au travers des Clouds et des disques durs polluent à grande échelle. La production massive de cartes mémoires, disques durs, SSD, mais aussi la consommation massive d’électricité qu’elle consomme (clouding, mais aussi serveur, site internet, réseaux sociaux, etc. engendre de la pollution…
  • Le renouvellement trop rapproché de nos appareils numériques pollue massivement aussi…
  • L’utilisation inadéquate des produits de développement pollue les eaux, mais même bien utilisé, bien sûr…cela pollue…
  • La fabrication des films que se soit du format 110,120,135, 4×5, mais aussi des nouvelles pellicules instantanées Polaroid, Instax pollue…
  • Le tirage argentique pollue c’est une certitude, car il utilise des produits chimiques comme le développement du négatif… Mais sachez, que l’impression jet d’encre pollue aussi plus que l’on ne croit.

Alors que faire… Je n’ai pas la réponse à cela malheureusement, j’aime à croire que les images que je réalise, que se soit à l’argentique ou au numérique, sensibilise les personnes sur la beauté de notre planète et qu’il est absolument nécessaire de la sauvegarder…(je sais, je suis bien naïf…). J’essaye de garder mon matériel photographique le plus longtemps possible et de ne pas céder à la tentation du nouveau meilleur appareil. Et surtout, j’utilise des procédés chimiques, quand je le peux, non polluants. Je n’utilise pas des millions de films argentiques pour réaliser des images qui n’en valent pas la peine, j’essaye au maximum de valoriser la pellicule. Faire de la pelloche pour en faire…

Rappel: Les images sont protégées, elles ne sont pas libres de droits. Merci de respecter les droits d’auteurs! ® All rights reserved (Alain Bovard photographie, Yverdon)

Reminder: Images are protected, they are not free of rights. Thank you to respect the copyright! All rights reserved ® (Alain Bovard Photography, Yverdon)

abovard Écrit par :

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *